Femme au miroir (2)

Femme au miroir (2)

Il y a des minutes passées devant le miroir à repérer les premières griffes du temps, les premiers signes de vieillesse.
Cinquante ans... un visage qui a plutôt bien traversé les années... on y retrouve, surgi brusquement, le sourire de la petite fille qu'elle était. Le regard non plus n'a pas changé... peut-être y passe t-il quelques ondes de la mélancolie dont certaines étapes de la vie ont ombré son c½ur.

Le fond de toute âme est de tristesse. Le rire n'en est que diversion.

Elle rit au miroir de se voir non pas si belle, comme le dit la chanson, mais belle... tout simplement.

Lire la beauté sur un visage, a fortiori sur son propre visage, n'est pas un remède à la tristesse. C'est juste un moyen d'y faire face en étant complice avec soi-même.

Au gré de ses instants face au miroir se construit cette complicité qui la rend forte.

Bettina - Le 28 juillet 2009

# Posté le mardi 08 septembre 2009 12:26

Modifié le mardi 08 septembre 2009 17:10

Femme au miroir (1)

Femme au miroir (1)

Le cap de la quarantaine était déjà suffisamment délicat sans qu'il choisisse ce moment-là pour la tromper! Et tout ce cirque qui s'en est suivi pour en arriver à la rupture! Dix sept ans de mariage s'en vont en fumée comme s'ils n'avaient jamais existés! Pourtant, leurs trois enfants en sont la preuve palpable. Au cours de ces stupides querelles qui les opposent, continuelles malgré le divorce maintenant prononcé, ils sont parfois minables au point d'utiliser leurs propres enfants comme boucliers, de les déchirer au tranchant de leur histoire qui se déchire.
Lui refait sa vie avec celle-ci, à peine plus jeune qu'elle, objectivement moins belle et qui, aussitôt lui donne un enfant.
Ça la rend folle, cette injustice... Un homme peut réellement refaire sa vie, donner la vie à tout âge, ou presque! Elle tente également de refaire la sienne, son nouveau compagnon lui est proche, plus proche que le père de ses enfants ne l'a jamais été... pourtant son corps, relativement bien conservé mais alourdi, fatigué par trois grossesses, son horloge biologique maintenant au ralenti ne lui accorderont sans doute plus le privilège de donner la vie encore une fois.
De tout le mal qu'il lui a infligé lors des péripéties de leur séparation, le pire est l'existence cet enfant nouveau-né. Sa venue est pour elle un réel affront sous lequel vacille sa raison.
Face au miroir, elle crie sa haine brisant le verre en mille éclats.

Bettina - Le 28 juillet 2009

A Christine R.

# Posté le dimanche 06 septembre 2009 12:20

Double peine

Double peine

La plage se pavane en voile gris de brume, le soleil est si bas...
Un poète se tient là.
Il a la souffrance d'une sorte d'amour étrange et diffus.
Ce n'est peut-être même pas de l'amour, tout son être le récuse et pourtant, il le blesse. Il macère en lui comme une tumeur implorant le scalpel. Ce serait divine douleur que d'en être amputé!
Le rythme lent des vagues berce sa peine.
Sur d'autres rives, plus lointaines, son inspiration se dissout. Sa muse, il l'aimait...
L'élixir de ses amertumes s'en venait abreuver sa plume.
Sans doute l'aime t-il toujours mais...dans une brume floue de douceur en douleur,
elle se dérobe à sa pensée, à son c½ur. D'elle, il souffre et se détache... un peu.
La vie se fait discrète et immobile et pourtant là, sur le rivage, éternelle la mer palpite.

Bettina - Le 23 juillet 2009

# Posté le mardi 01 septembre 2009 15:16

Modifié le mardi 01 septembre 2009 23:46

De soleil et d'écume

De soleil et d'écume

C'est comme un feu liquide incendiant de son or
Ta peau fraîche assoiffée de caresses brûlantes,
La chaleur a jailli comme fournaise ardente
Sur la plage indolente où le soleil te mord.

___________

J'ai toujours admiré la prestance des vagues
Turbulentes d'écume au joyeux tourbillon,
Comme gitane folle danse à l' horizon
J'aime de crête en creux que mon corps y divague.

___________

La mer mousse et pétille en un champagne bleu,
L'atmosphère éclatante, estivale, légère,
Comme un tendre baiser joueur à ma paupière,
M'immerge dans un rêve étrange et voluptueux.

______________

Laisse errer ton esprit au lumineux voyage,
Si tu fermes les yeux, tu tiendras l'irréel
Bien au creux de ta main, coquillage pastel
Tout fraîchement cueilli au sable du rivage.

________________

A la plage, le chant mélodieux du vent
Murmure son plus doux secret à ton oreille,
Dans un bruissement d'aile ton rêve s'éveille
Bercé de houle bleue s'envole transparent.

Bettina - Le 22 juillet 2009

# Posté le dimanche 30 août 2009 08:25

Modifié le dimanche 30 août 2009 14:26

Perpectives

Perpectives

J'allumerai mes mots de lune
A l'heure où s'éteint le soleil,
J'écrirai mes rêves vermeils
Sur le vélin de la nuit brune.

Colombine au clair de ma plume
Dansera sortant du sommeil,
Frémissante aux joies de l'éveil,
Déploiera son jupon d'écume.

L'obscurité porte conseil,
Y sombrera mon infortune
Lasse au rivage sans pareil.

L'horizon que la mer embrume,
Gris verte irisée d'arc-en-ciel,
Adoucira mon amertume.

Bettina - Le 21 juillet 2009

# Posté le jeudi 27 août 2009 15:48

Modifié le dimanche 30 août 2009 14:28