Valse aux oiseaux

Valse aux oiseaux

Vert glacier de tes yeux, j'y puise la chaleur
Irradiant les mots dont ma plume étincelle
Au gré d'onde émeraude où file ma nacelle
Doucement clapotée de rêves en couleur.

A mes ailes de soie se dessine un ocelle,
Sorte de diamant noir, écrin sombre à mes pleurs,
S'y reflète ma peine en robe de douleur
Flammée d'incandescence et duvet de sarcelle.

Des encres indigo rehaussent la pâleur
De songes égarés loin de mon escarcelle
Que j'irai recueillir comme on fait d'une fleur.

De vair et d'incarnat, je veux bien être celle
Qui danse en escarpins aux bras de l'oiseleur
Une valse insensée jaillie d'un violoncelle.

Bettina - Le 15 mai 2009

Illustration: Anne Bachelier, "Love for birds of the night"

# Posté le vendredi 15 mai 2009 01:17

Modifié le vendredi 15 mai 2009 14:43

Fidèle... je suis restée fidèle!

Fidèle... je suis restée fidèle!

Au cours de mes années les amours plurielles
Crûrent à mon balcon, belles à contre-jour,
Certaines à mon coeur valaient bien le détour,
J'ai parfois souhaité qu'elles soient éternelles.

J'ai su des sentiments l'ivresse sensuelle
Esquissant à dessein suave bonheur-du-jour,
Me croyant à bon port à chaque carrefour
Même si ce n'était qu'une utopie charnelle.

Les routes de ma vie furent émotionnelles:
Chantre du fin amor comme les troubadours,
Je jouais fidélité rieuse en ritournelle.

Je relis ces instants au prisme de l'humour:
Fidèle, dit mon chant, je suis restée fidèle
A tous et à chacun mais ce fut tour à tour!

Bettina - Le 6 mai 2009

# Posté le mercredi 06 mai 2009 08:42

Modifié le mercredi 06 mai 2009 15:54

Ghazal de l'oubli

Ghazal de l'oubli

Ne jamais t'oublier, c'est-ce que je voulais
Mais, hélas, l'érosion du quotidien distrait
Et je t'oublie!
Tu régnais dans mon c½ur, fier sultan de mes rêves
Ta pensée me hantais et je t'aimais sans trêve
Mais je t'oublie!
J'aurais voulu pour toi être esclave d'amour
Contempler dans tes bras chaque lever du jour
Sans nul oubli!
C'est désert en ma vie quand loin de toi je pleure
Et qu'au ciel de mes nuits se déclinent les heures
Où je t'oublie!
Le temps saura passer peuplé d'autres passions
Peut-être une autre fois sombrera ma raison
Pour que j'oublie!
Mais rien n'empêchera au gré des nuits sans voile
Qu'à mes yeux de lapis s'allume ton étoile...
Sans nul oubli!

Bettina - Le 30 avril 2OO9

Le ghazal ou gazel est un genre littéraire florissant en Perse au XIII e siècle et XIV e siècle mais que l'on retrouve aussi en Inde et en Asie Centrale. Il se présente sous forme d'un poème d'amour (le terme ghazal peut se traduire par parole amoureuse) . Le ghazal est aussi porté en musique dans le style de la musique persane.

# Posté le jeudi 30 avril 2009 08:01

Modifié le vendredi 01 mai 2009 03:11

Bleu lumière

Bleu lumière

Sais-tu l'intimité close d'un jardin bleu
Où tes rêves d'enfant dansent dans la lumière
Bercés du battement de l'aile très légère
D'un joyeux chérubin évaporé des cieux ?

Tu apprends des oiseaux le chant mélodieux
Au sein de cette étrange école buissonnière,
Sous l'azur des palmiers se tapit le mystère,
Le secret perceptible au c½ur silencieux.

Si le poète y trouve un Eden lumineux,
La caresse indigo d'une ombre familière
Effleurant les bambous, resplendit à ses yeux.

Quand le bougainvillier éclate en grappes fières,
Glissant sur le plan d'eau les lotus voluptueux
Aux corolles rosées se déploient en prière.

Bettina - Le 29 avril 2009

# Posté le mercredi 29 avril 2009 01:07

Modifié le mercredi 29 avril 2009 12:19

Larmes d'un petit dieu

Larmes d'un petit dieu

Les larmes qu'il versait étaient de poésie
Je me laissai porter aux vagues de ses pleurs
Jusqu'aux lagunes bleues où brûle sa douleur
En perles sur mes lèvres embrasées d'ambroisie.

Je le reconnaissais, petit dieu enjôleur,
Jouant de ses sanglots, de sa mélancolie,
Déployant savamment toute la panoplie
D'un tendre chérubin diablement séducteur.

Et je souffris une délicieuse agonie
De m'attacher à lui pourtant si cavaleur
Jusqu'à l'envoûtement d'une étrange alchimie.

Sombre délectation de porter ses couleurs,
J'ai bu à sa paupière irisée de folie
Le nectar du poète en unique liqueur.

Bettina - Le 30 mars 2009

# Posté le lundi 30 mars 2009 17:23